Que ce soit de la famille des membranophones, cordophones, idiophones… les instruments typiques sont nombreux à faire la réputation de la Grande-Île. Parmi les plus célèbres, on cite la « Sodina », une flûte sans pavillon, fabriquée localement de manière artisanale. Découvrez cet emblème du pays qui a servi depuis des décennies dans d’innombrables cérémonies locales.

L’aérophone de Madagascar

La Sodina n’est autre qu’une flûte droite à embouchure terminale. Les artisans locaux le façonnent dans un tube de bambou. Les grands artistes du pays, afin d’émerveiller encore plus les passionnés de musique, préfèrent un roseau de qualité supérieure appelée volovato ou voloando. D’une longueur comprise entre 18 et 50 cm, l’instrument dispose de 6 orifices inférieurs et supérieurs. Il offre 2 octaves chromatiques : un premier servant à former la clé creuse, une seconde permettant d’obtenir un son plus aigu.

Un emblème de la musique traditionnelle malgache

L’histoire de la Sodina remonte au règne d’Andriamanelatra. Dieu lui a confié une mission : descendre sur terre pour recueillir les besoins des hommes. Il suggéra, afin d’éviter le va-et-vient, de mettre au point un outil de communication. L’instrument naît de cette idée du grand roi. Aujourd’hui encore, cette tradition se perpétue dans nombre de régions de Madagascar. Cet instrument tire son nom du malais « Souling ». Son appellation varie en fonction des localités : Sodina dans le Nord et les Hautes-Terre, Kinantsody pour les Betsileo et Fololitsy pour les Bara, Sody ou Soly à Tuléar, Antsodina à Mahajanga et Kisody à Morondava.

Ratoko Frah, l’ambassadeur le plus connu de la sodina

C’est cet artiste malgache qui a donné ses lettres de noblesse à la Sodina. Rakoto Frah l’a fait reconnaître, en effet, à l’échelle internationale à travers ses innombrables tournées. Illustre illettré, il sort tout droit de l’école du « Hira Gasy » ainsi que « Vako-drazana ». Des jeunes musiciens assurent la relève après le départ regrettable de ce fleuron de la musique traditionnelle malgache. Nicolas Vatomanga, Seta Ramaroson et les Rakoto Frah Zanany (fils) tentent aujourd’hui de conserver la valeur incontestable de cet héritage et de promouvoir à travers le monde sa popularité.

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